Introduction
Les Mégalithes
Avant le Néolithique
Le Néolithique
Le Chalcolithique
L'Âge de Bronze
L'Âge de Fer

  Le Néolithique 

Cette période de transition, durant laquelle l'homme
sédentarisé va organiser son territoire, c'est également
le moment où, de prédateur cueilleur, il devient
producteur et assure ainsi son existence. Couvrant pour
nos régions ouest une séquence comprise entre
- 5 000 ans à - 2 200 ans avant J.-C., le Néolithique se
décompose en trois phases (Ancien, Moyen, Final).

Le Néolithique de la
façade atlantique est le
produit de la rencontre
de deux courants migratoires
originaires d'une même région
connue sous l'appellation du
"croissant fertile", située au fond de la Méditerranée
entre la Turquie et le Proche-Orient.

Vers 9 000 ans avant notre ère, des communautés
organisées en villages,
pratiquent l'agriculture et
l'élevage.

Partant de ce berceau culturel,
deux cheminements migratoires vont
s'ébranler vers l'ouest.


LE CARDIAL

L'un suivant les bords de la Méditerranée aboutira en
Provence et en Languedoc, pour ensuite pénétrer dans
l'intérieur par le couloir rhodanien. Fabriquant des
poteries dites "Cardiales", car ornées à l'aide d'un
coquillage le cardium, c'est une communauté de
pasteurs (élevage de moutons) pratiquant l’agriculture
(céréales et légumineux) que l'on suit dans son
cheminement.


LE RUBANE

L'autre, après une large
pérégrination à travers
l'Europe Centrale abordera
notre pays par l'Est et le
Nord-Est. Producteurs de
belles poteries au décor
rubané, leur économie stéréotypée fait une large place
aux bovidés.

LA VIE AU NEOLITHIQUE

Fixées sur un espace géographique,
les communautés vont organiser leur
territoire.A l'aide de nouveaux outils
que sont la hache polie et
l'herminette, l'homme va commencer
à façonner son environnement.
Par de larges prélèvements sur la
forêt, pour l'aménagement de son
habitat et ses besoins domestiques, il va ouvrir des
espaces propices à la culture céréalière. Alors soumises
au rythme des saisons, les communautés vont se lancer
dans la construction mégalithique.


LES CONSTRUCTIONS MEGALITHIQUES

Cairns, grands menhirs,
les premières constructions ont
souvent un caractère
gigantesque. Plus tard dans
cette période, la construction
se diversifie. Les champs de
menhirs se dressent sur tout le Massif Armoricain. On
les retrouve organisés en groupes aux quantités variables
allant de quelques dizaines de blocs à plusieurs milliers
de monolithes dressés. Pour ces constructions qui se
sont étalées dans le temps, les
organisations varient de la ligne au
groupe non organisé. Parfois une
organisation sub-circulaire, ovalaire ou
quadrangulaire se remarque dans le
paysage. Des études récentes, comme
celles effectuées sur le site des Pierres
Droites à Monteneuf, permettent
d'entrevoir les techniques de débitage et de manutention
mises en œuvre par les constructeurs de mégalithes. On
a ainsi constaté que les néolithiques utilisaient de
préférence des blocs erratiques, détachés et préformés
naturellement par l'érosion.

Il a également été possible
par la fouille des sols
archéologiques de constater
la présence de "rails" en
bois servant à véhiculer un
menhir vers son point de levage. L'apport de la science moderne, par l'utilisation
du carbone 14, a confirmé la longue séquence
d'aménagement et de fréquentation de ces lieux
spécifiques. Les observations géologiques ont démontré
que l'orientation des grands ensembles répondaient plus
à un souci de ne pas s'éloigner du filon géologique plutôt
qu'à une volonté de s'aligner selon une règle astrale.



 



LES LIEUX DE VIE

Les lieux de vie, parfois
décelables dans des topographies
épargnées par les remembrements
intensifs, montrent que les
néolithiques se protégeaient.
Leurs maisons collectives sont
entourées de palissades de bois (La Hersonnais en
Pléchâtel) ou bien de forts talus et fossés (Le Lizo en
Carnac).

Les maisons sont construites
autour d'une solide ossature en
bois avec des murs de pisé ou
torchis. L'enduit constitué d'un
mélange d'argile et de fibres
végétales est plaqué à force sur
un treillage en bois : le clayonnage. Les toitures peuvent
assurer leur imperméabilité par du roseau, du genêt, des
écorces déroulées ou des tuiles de bois. Point culminant,
méandre de rivière, plateau venté, l'habitat se situe dans
des contextes très divers.

LA NOURRITURE

Pour son usage domestique, l'homme
du Néolithique utilise la meule dormante
pour transformer le grain en farine. Son
grain, il l'obtient à partir d'une culture sur
brûlis pratiquée sur des terres
fraîchement défrichées grâce au nouvel
outil qu'est la hache polie. Au début du
Néolithique, la terre est travaillée au piochon en corne de
cerf ou au bâton à fouir. L'araire intervient seulement
vers la fin de cette période.







Les récoltes sont coupées avec des faucilles ou des
couteaux à moissonner. Ces outils sont constitués d'une
armature en bois dans laquelle sont fixées par des résines
végétales les lamelles de silex.


Pour la chasse, il utilise l'arc avec
des flèches dont la pointe peut être
de bois, d'os ou de silex.

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LES OUTILS EN PIERRE


Les roches dures sont mises à contribution pour lui fournir
son outillage usuel. Du silex, souvent importé en Bretagne,
il tire des lames de poignard, des grattoirs, quelques
haches imparfaitement polies et de nombreux
autres outils.

De la métadolérite des
ateliers de Plussulien (Côtes
d'Armor), il extrait les pierres
qui lui permettent de fabriquer
et commercialiser les haches
polies et herminettes. Les autres
roches comme le schiste, le grès, le quartzite, interviennent
ponctuellement pour suppléer à l'absence des matériaux
privilégiés.


Bien loin de l'image du sauvage
hirsute encore présentée par les
anciens livres d'histoire, l’homme
néolithique pratique le tissage et
coud ses vêtements. Utilisant la fibre
végétale, il maîtrise parfaitement les
processus de la vannerie et de la poterie.



L'ART NEOLITHIQUE

L'art néolithique se traduit sous
différents aspects. Il apparaît dans
les monuments funéraires ou sur
les pierres dressées sous la forme
de bas-reliefs gravés dans la roche.
Représentant le plus souvent des
figures abstraites ou des symboles, les archéologues y
reconnaissent des formes anthropomorphes, des objets
domestiques, haches, arcs de chasse, etc.. Bien d'autres
signes inexpliqués gardent leur mystère. Ils se présentent
sous la forme de chevrons, de lignes serpentiformes ou
semi-circulaires encastrées et surmontées d'un rostre, de
cupules et bien d'autres.

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Plus rares sont les décors figuratifs. On les rencontre sur
les grands menhirs ou sur des monolithes en réutilisation
dans des constructions funéraires (dolmens, cairns).
Ces gravures représentent des bovidés (Gavrinis en
Larmor-Baden, La Table des Marchand à Locmariaquer).

Parfois quelques personnages stylisés en bâtonnets sont
identifiés sur une dalle. De rares fragments de statues
menhirs aux formes humaines très marquées ont été
signalées en Bretagne (Le Trévoux, en Finistère et Guidel
en Morbihan).

L'art se matérialise également à travers les parures ou
pièces d'apparat. Il n'est en effet pas rare de découvrir
des pendeloques en cristal de roche ayant appartenu à
un riche collier. Les très belles haches polies parfois
percées en leur talon ressemblent plus à des objets rituels
ou d'apparat qu'à des outils. L'ornementation de certaines
poteries dénonce un souci artistique évident.