Introduction
Chaine opératoire
Restauration du site
A travers les âges
Reconstitutions
Circuits des Mégalithes
Mégalithes et territoire

  Chaine opératoire  

Par les traces observées dans les couches
archéologiques, la chaîne opératoire complète, de
l'extraction au levage des blocs, a pu être suivie.

L'extraction : la plupart des
blocs sont des masses
erratiques, c'est-à-dire déjà
détachées de la nature
rocheuse et préformées
naturellement.
Certains monolithes désolidarisés du socle de schiste
sous l'effet des glaciations antérieures et de
trépidations sismiques ont été ensuite fracturés par
les carriers néolithiques pour répondre aux exigences
de l'aménagement.

De nombreux affleurements de la roche locale
(schiste pourpre) montrent des traces de débitages
ou d'arrachement sur leurs parties sommitales.
Sur une masse lithique, on peut voir sur son front
de taille, une profonde sape de l'ordre de 25 cm de
profondeur. Combinée avec la présence d'une
diaclase (fissure naturelle) située légèrement sur l'arrière,
elle devait permettre la réalisation d'un menhir de 5 m
de longueur. Probablement fragilisé par les assauts
consécutifs liés au débitage, le bloc espéré s'est brisé
en deux fragments. C'est ce qui peut justifier son
abandon par les néolithiques.
Ainsi voit-on aujourd'hui cet exemple exceptionnel
d'une ébauche de menhir encore solidaire de sa masse
d'extraction.

 



Le transport
: les traces
de rails en bois équarris apparues
au contact de plusieurs fosses
de calage et à proximité de la
zone d'extraction, permettent
d'aborder le déplacement des
monolithes.

Par ailleurs, la présence de "supports" constitués de
plaques de schiste plantées verticalement entre le
front de taille et la bande de roulement sont des indices
qui permettent de supposer l'utilisation d’un traîneau-
berceau se déplaçant sur des rouleaux de bois.


Ces éléments qui ont pu être
situés dans le temps par
l’analyse radiocarbone d'un
foyer au contact d'un "rail" nous
ramènent entre 3 500 et 2 900
ans avant notre ère.


Le levage : à proximité des fosses
de calage des menhirs, de petites
surfaces sub-circulaires empierrées et
très compactes intriguent par leur
présence. Leur écartement et leur
positionnement par rapport
aux fosses laissent supposer l'utilisation
d'une structure en bois dénommée
"chèvre" pour faciliter le levage des monolithes.


Le calage : le système de
calage peut varier selon les
caractéristiques du menhir à
maintenir. Il peut aller de la
simple fosse adaptée à la forme
de la base du bloc, évoluer à
l'adjonction d'une couronne de pierres ou encore être
complété par un mortier d'argile et granulat de schiste.
Peu profondes, les fosses de calage ne représentent en
moyenne que 10 % de la hauteur totale du mégalithe.