Mégalithes et destruction

De la réalité aux légendes

Un héritage à préserver

  De la réalité aux légendes 

Alors que la mémoire des hommes perdait l'histoire des
mégalithes, face à ce phénomène hors de l'ordinaire,
ceux-ci leur bâtissaient légendes et interprétations
pseudo scientifiques.

Pour expliquer l'extraordinaire de ces réalisations de
pierre, on évoque un monde à sa mesure. Les menhirs,
dolmens et allées couvertes sont alors l'œuvre des fées,
des korrigans, des géants, du diable ou de Gargantua.


Gêné par certaines pratiques et coutumes venues d'un
autre âge, le clergé modifiant ou rebaptisant certains
sites les associe à Saint Michel, Saint Méen et Saint
Cornely.

Embarqués dans le courant littéraire romantique
du XIXème siècle, les mégalithes sont rattachés,
sans garantie scientifique, aux cultes druidiques de la
période celte. Image forte encore entretenue en ce
début du XXIème siècle, Obélix aurait dû livrer des
stèles gauloises plutôt que des menhirs dont lui et ses
congénères avaient perdu la signification.

Magnétisme, tellurisme, nappes phréatiques et rivières
souterraines sont-ils des axes conducteurs de
l'implantation des mégalithes comme souhaiteraient
nous en convaincre les balancements incertains des
pendules et des baguettes de cuivre ?


Ouvrant un espace de rêves, toutes ces approches
restent en marge de la rigueur et des données
scientifiques.

 

 



Cependant, au cours des siècles, des érudits se sont
attachés à la compréhension des cultures mégalithiques
et de leurs réalisations.

On peut citer Cambry en
1805, Gaillard en 1897,
Boudouin en 1926, Merley,
Hawkins, Thom et bien
d'autres. Tous, frappés par
l'organisation et la
concentration mégalithique des ensembles situés entre le
golfe du Morbihan et la rivière d'Etel, ont cherché à
démontrer l'existence de relation entre le positionnement
et groupement des réalisations mégalithiques avec le
système astral.

Ne prenant en considération que les structures apparentes
sans discrimination des restaurations intempestives et
parfois outrancières, oubliant que ces réalisations se sont
étalées sur une séquence chronologique de plus de 2 500
ans, n'a-t-on pas trop forcé l'image pour s'approcher des
séduisantes théories astrales ?

Présenter Stonehenge (U.K.)
comme l'exemple d'un
"observatoire astral
mégalithique", sans expliquer
que son plan a évolué du
Néolithique jusqu'à l'Age du
Bronze, c'est s'éloigner de la rigueur scientifique.

Oublier de mentionner que les grands alignements du sud
du Morbihan suivent les lignées géologiques de l'anticlinal
sud du Massif armoricain, pour souligner que cette
orientation est-ouest est celle du rythme solaire,
consiste à tronquer la réalité.

Ne pas se référer aux nombreux ensembles calés sur des
lignes géologiques abandonnant cet axe est-ouest ne peut
être assimilé à une simple omission.

Vouloir associer ensemble des monuments qui n'ont pas
fonctionné, ni été construits dans le même moment, réduit
le crédit de ces hypothèses.

L'interprétation des ensembles
mégalithiques implique une
rigueur scientifique absolue qui
demande de longues
investigations tant archéologiques
que comparatives.